Malheureusement la Lydec forte de ses moyens, de son pouvoir et de ses prérogatives commence à imposer de façon unilatérale à tous les usagers toutes les conditions qui lui profitent sans toujours assumer sa mission dans un souci citoyen et d'intérêt général.
Il est notoire aujourd'hui que la PPP (la participation publique privée) et la gestion déléguée est ressentie comme non citoyenne au Maroc où elle ne rencontre pas d'institution ou un outil juridique qui la freine. En effet les usagers ne sont pas organisés pour lutter contre des positions dominantes comme celle de lydec, alors que l'autorité délégante, pour les raisons que tout le monde connaît, ne s'oppose en rien aux décisions du gestionnaire et la plupart du temps le soutient plus que nature.
Aussi des citoyens outrés et lésés par l'attitude de la Lydec et impuissants, ont décidé de réagir et former un collectif des usagers de ce service public.
Qu'est-ce qu'un "service public" ?
En effet au c½ur de la notion de service public se trouve celle de mission d'intérêt général, essentielle pour les citoyens et les acteurs économiques et repose sur l'idée que certaines activités doivent échapper à la seule logique marchande parce qu'elles touchent à des biens et services essentiels pour tous, qui nécessitent la participation solidaire de l'ensemble de la collectivité et dont l'accès doit être équitable pour tous.
La gestion déléguée est née d'un principe citoyen
Elle autorise les collectivités territoriales, à pratiquer un partenariat public-privé pour permettre aux usagers finaux, de tirer profit des capacités de gestion d'une entreprise privée étroitement liée à des critères de performance et de qualité dans l'exécution de la prestation. C'est donc un contrat administratif par lequel la personne publique confie à un tiers, pour une période déterminée en fonction de modalités retenues, une mission globale relative à l'entretien, la maintenance, l' exploitation et la gestion du service public dont elle a la charge.
C'est ainsi qu'une délégation de service public a été accordée dans des conditions que l'on connaît à la Lydec, laquelle prend en charge sous le contrôle de la Communauté Urbaine la gestion à Casablanca et Mohammedia des trois services de distribution, d'eau potable, électricité, assainissement liquide et depuis janvier 2004 de l'éclairage publique de la ville.
La finalité de ces contrats étant de mieux prendre en compte les attentes des administrés et servir l'intérêt général, cela suppose que l'exécutif de la collectivité territoriale doit aussi veiller aux préoccupations des usagers et des points litigieux qui peuvent en découler et éviter les dépassements. C'est pourquoi dans le suivi régulier de l'exécution des obligations du titulaire du contrat de partenariat l'intérêt de l'usager doit être pris en compte.
L'insatisfaction
Mais la conception traditionnelle du service public semble, remise en cause par cette expression de la gestion déléguée qui tend à réduire la notion de service public à une simple expression de logique marchande. L'objet premier d'un contrat de partenariat public privé est l'amélioration du service rendu aux usagers, et n'est pas seulement basé sur le calcul du bénéfice économique attendu de l'opération.
Ainsi de plus en plus d'usagers sont de moins en moins satisfaits et de plus en plus excédés par le pouvoir de la Lydec. Cette dernière brandit l'arme de la coupure à chaque réclamation ou litige, les factures et les taxations sont ressenties de plus en plus lourdes alors que la lydec estime déjà que les tarifs ne sont plus adaptés. Les frais virtuels se multiplient, l'encaissement à domicile tend à disparaître, sans oublier le grand problème des compteurs généraux, éternel souci et tracas des ménages... mais aussi ce contrat d'abonnement unilatéral ( l'échappatoire de la Lydec) imposé à quiconque par la lydec et qui ne laisse aucun recours à l'abonné. Le seul recours aux tribunaux est prenant, coûteux et vain...l'usager n'a pas d'outil juridique, en somme pour se protéger.
Le collectif des usagers
D'où cette initiative de constituer un COLLECTIF DES USAGERS DE LA LYDEC dont l'objet premier est l'amélioration de la prestation rendue et le renforcement de l' outil juridique (s'il existe) pour protéger l'usager et permettre de mieux prendre en compte ses attentes. Le collectif s'assigne ainsi le but de :
- veiller à assurer l'équilibre entre les demandes des usagers en matière de qualité, d'individualisation et de proximité du service.
- sensibiliser et mobiliser les citoyens pour la défense de leurs services publics, faire entendre leur voix face à ces enjeux et aux évolutions inéluctables de la gestion déléguée.
- promouvoir en particulier une "citoyenneté administrative" et permettre aux services publics d'être des lieux d'expression des usagers.
- Le collectif se chargera aussi de mener des enquêtes de satisfaction auprès des usagers au niveau de la qualité des produits et des services.
- Reconsidérer les contrats d'abonnements unilatéraux imposés aux usagers.
- Pouvoir assigner le service délégué en justice pour abus de position dominante ou défaut de transparence.
C'est pourquoi nous faisons un appel à toutes les bonnes volontés, aux usagers et aux c itoyen outrés et lésés par l'attitude de la lydec, de rejoindre ce collectif en constitution pour lutter contre l'abus de position dominante de la Lydec et soutenir les abonnés en difficulté.
M.K.BENNANI
Coordinateur du collectif
Email : usagerlydec@gmail.com
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